Rencontre avec Annabel Winship

Ce billet fait donc suite à celui-ci. Où comment j’essaie de vous retranscrire tout ce qu’on a pu se raconter lors de notre entretien téléphonique.

Annabel Winship donc, après avoir fait l’école Duperré, s’être spécialisée dans le textile et travaillé 8 ans avec Stella Cadente, un jour revient bredouille d’une chasse à la pompe qui va bien (comprendre simple, confortable, mais colorée et féminine en même temps) dans les grands magasins, et a l’illumination suivante : « mais pourquoi tu ne les fais pas toi même ?? »
Elle n’a aucune expérience du travail du cuir, mais sait comment monter une collection et plus important : comment faire passer l’idée du dessin au modéliste.

Walinette : Comment se lance-t-on dans la création de chaussures ?
Annabel : On voit beaucoup de nouveaux créateurs se lancer dans les vêtements, les accessoires et les bijoux, beaucoup moins pour les chaussures. Même si je savais ce que je voulais, j’étais complètement à l’ouest en ce qui concernait les difficultés techniques. Il y a le problème du confort, de l’ergonomie et on part directement dans un processus industriel (une paire passe dans une quarantaine de mains à l’usine), même pour un truc simple. Il faut gérer un nombre de tailles plus important, commander de suite un minimum de paires…

W : et comment tu t’en es sortie ?
A : Lors d’un salon professionnel, par le bouche à oreille ! Je recherchais un fabricant et je suis tombée sur une jeune femme qui m’a aiguillée vers une usine en Espagne. Je m’y suis rendue avec mes dessins et un sac plein de chaussures que j’aimais bien (pour leur talon, leur forme…). J’ai appris des astuces, comme dessiner l’arrondi qui me plaisait directement sur le pied. De là ils m’ont envoyé des prototypes.
La première collection a pris forme en février 2007, fortement inspirée du Magicien d’Oz, d’ailleurs le modèle d’escarpins rouges devait s’appeler « Dorothy » (NDLR : hiiiii, c’est ma paire, elle est collector…)

W : et actuellement tu travailles sur quoi ?
A : Je finis de vendre la collection été 2009 sur les salons et elle va partir en production sous peu. Puis je vais me mettre à travailler sur l’hiver suivant. J’ai déjà une idée d’ambiance générale, la gamme de couleur, un petit mix dans ma tête.
Ce n’est pas évident de vendre aux grossistes, ils ne commandent pas forcément ce qu’il y a de mieux et restent un peu frileux, par exemple la première saison, les boots métalisées rose et rouge : pas un client ne les a commandées, alors que toutes mes copines en voulaient ! J’en ai commandé un petit stock que j’ai vendu en direct et c’est devenu un best-seller, du coup Sarenza les a rajoutées à son catalogue la saison suivante.

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