La double peine

L’autre jour, je suis tombée sur ce billet, d’un blog allemand spécialisé sur le minimalisme. L’auteur est branchée psy et c’est en effet très bien vu, très intéressant et je vous encourage fortement à lire si vous maitrisez l’anglais*. Et si je me reconnais dans pas mal de situations décrites il faut bien le dire, c’est le dernier point qui m’a interpellée, en rapport à l’émotion qu’a suscitée la revente de mon sac Sofia Coppola pour Louis Vuitton. Emotion, oui, il y avait de cela.

SC

Parce que oui : je l’avais cherché et traqué pendant 1 an, j’avais écumé les magasins LV de St tropez à Dubai, pour finalement dénicher un rare exemplaire avenue Montaigne lors d’un improbable réassort, envoyé mon mari en déplacement pro là bas le récupérer au risque de lui faire manquer son train et faire un vide-dressing en catastrophe pour financer.
Pourquoi ?
Cela représentait un but, le sac que je me disais ultime, de très belle facture et qualité. Pas tant que ça pour l’icône, je n’accroche pas vraiment au style de Sofia Coppola à vrai dire. Mais la traque, le défi, le modèle salué unanimement comme parfait.
Et puis je l’ai eu, je l’ai porté quelques fois, je l’ai bien rangé dans son dust bag et… Rien. Ce n’est juste pas moi ce sac : sa couleur (bleu marine), son porté épaule uniquement et non croisé, sa taille. Plus moyen d’arriver à le porter. Je me dis que ce n’est pas normal, ce n’est pas justifié, des filles vendraient père et mère pour l’avoir.

De là une discussion avec une amie (coucou Audrey), qui – très justement – me demande : as-tu les moyens – le niveau de vie – pour faire dormir un sac de cette valeur dans un coin ? Est-ce raisonnable de ne pas l’utiliser ?
La réponse est NON. Je n’ai absolument pas le style de vie qui va avec un placard rempli de sacs à what milles euros (même si j’en ai quelques uns)

Et à ce moment arrive la culpabilité, et ce que l’auteur (du blog dont je vous parlais, j’y reviens) appelle : le SUNK COST. Expression assez intraduisible littéralement (si vous avez mieux, merci de laisser un com) mais que je comprends comme “coût perdu”, on l’a payé, on ne peut pas se faire rembourser = on doit l’utiliser. Et qui mène au souci de rentabilité qui nous fait porter MALGRE TOUT une pièce qui n’est pas parfaite sur nous ou ne nous satisfait pas totalement : la double peine. Au détriment d’une autre qui nous met plus en valeur. On a payé une fois pour l’acheter, et on le paie à nouveau en se forçant à le porter. Alors qu’il faudrait plutôt se dire : c’est trop tard on a déjà payé une fois pour ça, est-il nécessaire d’en remettre une couche (parce qu’on l’a payé cher, parce qu’il a été dur à trouver, etc…) ? n’est-ce pas masochiste de continuer à se rappeler son erreur ? Ne ferait-on pas mieux de juste s’en détacher ? Et – si on en a la possibilité – de le revendre avant qu’on ne réalise qu’il a fini par s’abimer (une inondation, des souris, le drame) ?
Tant pis, on a le droit de se tromper, doit-on continuer à se punir en le portant ? Et bien non, autant qu’il serve à une autre qui le veut vraiment. Il est finalement parti dans le Nord et je crois que je pourrai même parfois l’apercevoir.

* et je dois avouer que je me reconnais particulièrement bien dans le paragraphe “scarcity”… je vais me l’épingler celui là… le SC en est un bon exemple, l’aurais-je autant voulu si il n’avait pas été si difficile à avoir ?

PS : j’imagine que certaines vont me dire “mais dans quelques années tu vas le regretter, il est intemporel, tout ça”. Et bien je prends ce risque, pour moi il est moindre que de prendre le risque qu’il s’abime, soit volé dans un cambriolage ou tout simplement d’être empoisonnée par mon indécision. Je crois que ce dernier point est crucial : je ne veux plus que les objets aient une emprise sur moi.

61 commentaire pour “La double peine

  1. Walinette, je te suis dans cette démarche, et je pense que tu as parfaitement raison.
    Il m’arrive de donner des choses que je revendrai si peu cher que je préfère en faire cadeau (exemple je vais donner un super Adjani Lancel grand modèle cuir façon autruche orange que je me suis offert il y a quelques années parce que je bavais devant et à la suite d’un stress …)
    Donner dans ce genre de cas “punit” finalement plus parce que là on met le doigt sur le gâchis …

    Nettoyer est mon maître mot en ce moment et finalement ça soulage !

    • Ca fait un peu acte de contrition non ?

      Je donne aussi pas mal à ma famille, le plaisir de faire plaisir (je crois que ma belle mère est habillée “cécile” de la tête au pied un jour sur deux ^^ on fait la même taille)

      J’ai nettoyé/simplifié ma maison en entier il y a qques mois, et là je fais un travail sur moi même pour arriver à faire la même chose avec mon dressing, c’est plus complexe ;-)

      • En fait ce que je voulais dire c’est qu’il faut prendre ça avec humour, le côté “punition”…. ok c’est beaucoup d’argent…. et très dur à gagner… mais ce n’est que de l’argent, non?

  2. Je comprends très bien ta démarche, et je pense que tu as bien fait.
    J’avais fait la même chose l’année dernière avec un sac YSL (le muse) que je ne portais que très rarement, du coup ça m’a payé une partie de mes vacances au ski!:-) En plus adieu la culpabilité d’avoir un sac de valeur dont on ne profite pas vraiment!

    • Oui ! en fait, il ne faut pas que les objets deviennent des “contraintes” (liability en anglais), je ne vois pas au nom de quoi on laisserait une chose nous causer des soucis en fait, c’est vraiment ça qui me fait réfléchir. Si un objet ou une fringue nous embête plutôt que de nous servir : dehors ;-)

  3. Si un jour tu le regrettes, tu remueras ciel et terre pour remettre la main dessus…et tu l’apprécieras d’autant plus ;)
    Sérieusement, je crois que tu as complètement raison de vouloir t’entourer d’objets qui te ressemblent et qui te conviennent aujourd’hui, sans penser à ce que tu voudras peut être un jour…ni à celle que tu aurais pu être…

  4. vu le prix du sac, si tu ne le portais pas, le revendre était une bonne idée je pense !
    Je me demande ce qui a fait que tu as envie de l’avoir à l’époque ?
    Tu parles de la couleur, de la façon de le porter… qui ne te correspondaient pas, mais ça tu le voyais déjà avant de l’avoir. Il devait bien y avoir des côtés qui te plaisaient, non ?
    Hormis le fait qu’il était introuvable :-)

    • Oui, car j’aimais les sacs bowling, je portais tout le temps mon Speedy bandoulière ! et pour moi les dimensions idéales étaient une largeur de 30 cm, banco. Et cela reste mon idée du sac bowling idéal. Sauf que le SC a une anse plus courte (=> on ne peut pas le porter croisé) et que contrairement à ce que je croyais, je n’ai pas réussi à intégrer un sac bleu marine et que je crois que j’avais peur d’abimer le cuir (alors que le speedy, comme dirait une copine : il peut passer sous un camion il restera nickel). Le Speedy est beaucoup plus léger aussi. Je me suis basé sur un sac au format identique que j’adorais, mais au final je me suis loupée.

  5. Je pense que c’est le moment de notre vie et l’époque que nous vivons qui veut cela. Consuméristes, nous le sommes parfois jusqu’à la nausée et manquons de discernement… J’ai 41 ans et ai vécu plus de la moitié de mon espérance de vie… Depuis un an j’ai donné ou revendu beaucoup de choses que je ne portais plus. Et désormais chaque achat fait l’objet d’une réflexion: pas deux articles quasi similaires, que des choses que je peux enfiler sans même réfléchir. Je veux partir de chez moi sans même avoir besoin du miroir pour me dire que tout est raccord. Et n’avoir enfin qu’un seul placard pour mes habits…. Le cuir noir la veste noire… Les user jusqu’à la corde, pas les accumuler… Cela veut dire choisir réellement ce qui est mon style, pas un ersatz parceque je l’ai vu sur machinette ou que c’est les soldes alors il faut faire à tout prix ( et à tous les prix ) de bonnes affaires. Je pense que cette “affaire SC” va grandement influencer tes choix et besoins futurs. Pour la petite histoire , j’ai bien bavé devant ton SC mais ce n’eut pas été raisonnable. Et je n’ai pas non plus les moyens de laisser dormir un sac si luxueux dans un placard. Par contre un Dreyfuss , un autre Vuitton ou un Trio serait un luxe plus rentable au long court. Cela correspond mieux à l’image mentale que j’ai de moi et à l’image que je pense renvoyer de moi.
    Bref c’était ton sac ce que tu en fais ne concerne que toi… Euh j’espère juste que cela n’a pas été l’objet d’une discussion houleuse avec monsieur walinette ci devant père du clairon.

    • C’est ce que je disais dans mon premier billet : il faut en être revenu. S’être dégouté finalement du consumérisme à tout prix pour comprendre que ça ne t’apporte rien sauf des soucis. La voix de la sagesse oui.
      Et je pense que j’ai eu un gros souci d’image et de confiance en moi post grossesse qui m’ont conduit à ce genre d’errement mais ça vaudrait un billet entier.
      (et le Trio, je l’ai en noir depuis 6 mois, j’ai du le porter au moins 100 fois, ultra rentabilisé !!)

    • Ah les soucis. Avec son image… Oui cela mérite bien plusieurs billets…je me demande si nous ne sommes pas toutes sujettes à des soucis d’images sur la blogosphère … Et si la blogo n’était qu’un moyen de se rassurer in fine? Ou de se trouver?

  6. ” Je crois que ce dernier point est crucial : je ne veux plus que les objets aient une emprise sur moi.” : “J’ai pris les choses et les choses m’ont pris” comme dirait JJG (https://www.youtube.com/watch?v=7oNV2KIhYko : va écouter, je pense que ça te parlera) ;)
    Etant plutôt du genre minimaliste, je ne connais pas trop ce symptôme de double peine. Je ne mets pas, m’utilise pas, ne porte pas, je vire, sans regret.

    • Pas vraiment un sentiment de gâchis. Il m’est arrivé de me dire que j’avais fichu de l’argent de les fenêtres, mais ça ne dure pas longtemps, c’est trop tard, c’est fait, on ne reviendra pas en arrière. Par contre, j’en tire les leçons pour les envies/achats suivants.

  7. Ton rapport et ta façon d’analyser des objets est très étrange pour moi. C’est une autre dimension. N’y voit rien de méchant, chacun à ses manies, ses passions après tout ;) je n’y connais rien en valeur de telle ou telle pièces, j’aime la mode mais je ne suis pas collectionneuse (pis de toute façon je n’ai pas le budget).
    Bref tout çà pour dire que je trouve très sain ta démarche depuis plusieurs mois de te détacher plus ou moins de cette surconsommation. Peut-être que çà apportera un angle neuf à ton blog ou tout simplement la fin de celui-çi, mais peut importe, vivre de son blog c’est sûrement très sympas mais sur le long terme je ne sais pas si çà rend vraiment heureux.

    • je pense que le blog m’a amenée en effet à avoir un rapport anormal à la consommation de fringues… A mon avis dans quelques années si je relis ce billet je vais me dire “ma pauvre fille, mais c’est effarant !! ” ^^:-D
      En revanche je pense que j’ai bien progressé pour savoir apprécier la qualité de telle ou telle pièce (et que du coup c’est dur de revenir en arrière)

  8. Moi j’ai une devise très simple “plus d’un an dans le placard, au revoir” quelque que soit l’article, son prix et la possible “quête du Graal” que j’ai du faire pour l’obtenir (oui, on peut être très “con_con” parfois quand on a une idée fixe!)

  9. On regrette un objet adoré, porté, reporté, jusqu’à l’usure. Pas un objet qui ne nous satisfait pas à 100%.
    Je trouve chouette que tu partages ton cheminement vers le minimaliste et l’aspect émotionnel qui va avec.

  10. Parfois il faut savoir s’écouter mais je vois très bien ce que tu veux dire, on acquière une très belle pièce qu’on avait traqué mille ans…et on se rend compte qu’elle n’est pas faite pour nous! C’est ce qui m’est arrivé avec un joli sac Heimstone rose poudré que j’avais traqué sans fin (et avais finis par le faire livrer chez une amie avant mon départ pour Londres car je n’avais plus d’adresse à Paris pour le faire arriver ahah)! Tu m’as bien fait rire avec ton sunk cost par contre ça m’a rappelé un de mes cours à Londres de l’an dernier (making management decisions si ça t’intéresse ahah), bah oui c’est un peu un coût d’opportunité de garder quelque chose qu’on ne porte pas!

    • je crois aussi qu’à un moment on se prend au jeu et sa devient un défi, une quête et quand on finit par mettre la main dessus on se demande “mais au fait pourquoi je le voulais tant que ça ??”

  11. oui bien sûr on a le droit à l’erreur… mais la question c’est aussi : pourquoi avoir mis autant d’énergie et d’argent dans un sac dont finalement tu n’étais pas sûre qu’il te plaise jusqu’à la nuit des temps ? je veux dire, certes on est jamais sûr tant qu’on a pas essayé, mais lorsqu’on fait un achat de ce type on réfléchit vraiment, non ? on pèse le pour et le contre, etc. l’as-tu assez fait ? surtout que tu en connais un rayon niveau sacs. celui-ci coûte deux smic, merde (voire trois). j’ai l’impression que tu recherchais un concept, un idéal, une idée à t’approprier qui n’est pas toi. ça ressemble à une espèce de recherche vaine de quelque chose qui au fond ne te ressemble pas. je crois que tu en as pris conscience ces derniers temps : tu te dépossèdes du surplus, tu sembles désormais éviter “l’achat à tout prix qui véhicule une certaine image”… proche de la quarantaine, c’est l’âge de raison on dirait ;) (on a le même âge), on se connaît mieux…

    enfin, ce passage, là, m’interpelle :
    “as-tu les moyens – le niveau de vie – pour faire dormir un sac de cette valeur dans un coin ? Est-ce raisonnable de ne pas l’utiliser ?
    La réponse est NON. Je n’ai absolument pas le style de vie qui va avec un placard rempli de sacs à what milles euros (même si j’en ai quelques uns)”
    heu, si je peux me permettre, j’ai l’impression que si — de ce qu’on voit de ton blog que je suis depuis longtemps –, tu les as les moyens et le style de vie correspondant… non ?

    xoxo

    • Alors le pourquoi de ce sac (et je l’ai essayé un paquet de fois : dans la taille au dessus et la version PM en nubuck, bref j’ai eu le temps d’y réfléchir avant de le trouver) je te renvoie à la réponse que j’ai faite à Charlotte (#4) au dessus ;-) . J’ajouterai qu’au moment où je l’ai eu je commençais à me tourner vers des sacs plus petits/discrets/moins lourds. ET si il a représenté mon idéal de format à un moment, à l’heure actuelle, mon idéal c’est le Trio. Je crois que nos besoins changent avec le temps aussi.

      Quant au niveau de vie, tu as la réponse dans ta question : “de ce qu’on voit sur ton blog”, et bien voilà, tu vois la partie fringues/sacs qui est totalement en décalage avec le reste ! Par le biais des partenariats, des cadeaux des marques/eshop, j’ai un dressing qui est beaucoup plus haut de gamme que le reste. Alors attention, j’ai un niveau de vie très confortable, mais pas luxueux. On a une Clio et une 3008, une grande maison mais on vit à la campagne dans un coin ou l’immobilier n’est pas cher, on fait un voyage par an mais en utilisant des miles ou en allant voir mon père et ça ne nous coûte pas plus cher que d’aller au ski (voire moins…), on passe notre été dans le studio de famille à Port Camargue. Rien d’extravagant tu vois, une gaufre de temps en temps tout au plus.
      On a pleins d’ amis qui ont plus ou moins les mêmes revenus/fait les mêmes études ont le même niveau de vie mais mon dressing est en complet décalage avec le leur pour les raisons que j’évoquais plus haut.

  12. Je trouve ta réflexion très saine . Se séparer de tous ces objets accumulés et même si je suis passionné de mode je vends je donne je recycle et mon dieu que cela me fait du bien
    Je ne garde que ce qui me correspond la ou je suis moi
    Merci de partager cet état d’âme avec nous

    • je fais beaucoup “tourner” aussi, mais trop. Ca me prend trop de temps, me demande trop d’efforts et ça commence à me saouler, il faut que je réduise le rythme et me recadre sur l’essentiel

  13. Bonjour!

    Comme Sabine, je voulais te mettre le lien de la chanson de JJG, même si je suis consciente d’être moi aussi dans ce cas…
    Je te l’ai déjà écrit, je n’utilise pas assez mon Alma à mon goût, mais c’est un cadeau et je ne parviendrai pas à m’en séparer sentimentalement parlant. Pas moyen non plus d’en faire un “objet d’héritage” vu que j’ai un garçon, mais en vieillissant je me vois bien le porter.
    Sinon j’avoue, certains de mes craquages sont tout à fait liés à mes lectures quotidiennes, des achats réussis, d’autres non.
    Le tri de mon dressing c’est au moins 2 fois par an, pas porté de la saison = donné ou vendu, fini le temps du “je garde on sait jamais”, dorénavant je vire.
    Et autant je suis “marque” pour les sacs, autant pour les fringues pas du tout, ça temporise les dépenses :) .
    Ce que je préfère c’est porter de 1000 et 1 façons différentes mes fringues, les mélanger afin de faire des styles complètement différents au gré de mes humeurs, alors quand je vois des personnes autour de moi qui achète CE haut pour mettre avec CE bas je trouve ça dommage de ne pas tout mixer ce qui donne l’impression, même si mon dressing déborde malgré tout, d’avoir une multitude d’ensembles possibles.
    Voilà, sinon j’apprécie énormément de te lire tous les jours ou presque et quel que soit le cheminement de ton blog je pense que c’est plus ta manière d’écrire que ton renouvellement permanent qui me manquerait le plus. et aussi tes bons plans, tes tdmh, tes perfect closet, etc, etc, etc hihihihi
    Bon week-end!

  14. J’aime bien ta démarche, bon même si je ne peux pas comprendre la quête d’un objet aussi cher et convoité car je n’ai absolument pas les moyens de m’en offrir un, mais il m’arrive de faire la même chose avec des fringues (pas forcement très chers), les chercher partout et les vouloir absolument pour finalement ne jamais les porter… Maintenant j’essaye de faire des achats bien réfléchis et surtout qui me correspondent et correspondent à mon mode de vie…

  15. Bonjour Walinette,
    Ton post est très intéressant et donne encore plus d’âme à ton blog. Je trouve toutes tes remarques pertinentes (et en plus j’améliore mon niveau d’anglais). Il y a un point auquel tu n’as pas pensé et qui n’apparait pas dans le lien non plus. J’ai moi aussi une belle garde robe, qui, comme toi, est en décalage (cf ta réponse plus haut) et je ne porte pas certains sacs ou accessoires de luxe car cela peut me gêner ou mettre mal à l’aise les autres, limite j’ai un peu honte d’afficher à mon bras d’aussi belles choses sachant que les temps sont durs. Je pense revendre les sacs et chaussures trop connotés “très chers” car je me dis que cet argent serait bien plus utile pour des vacances, un agrandissement de maison… car comme tu le soulignes un cambriolage, dégradation… sont vite arrivés. En fait je regrette l’image que renvoie certaines marques, que je ne porte pas pour “craner” mais qui forcément peuvent donner une image de moi qui n’est pas la réalité (par ex lorsque je porte le birkin d’hermes à mon bras, tout le monde regarde et je me sens mal à l’aise. Un peu comme ceux qui économisent des années pour acheter Porsche ou Ferrari mais les revendent car ne supportent plus d’être toisé à chaque feu rouge). Je voulais aborder ce point avec toi car il me semble aussi important.

  16. Ce que je ne comprends pas, c’est qu’il y existe des nanas prêtes à vendre père et mère pour ce sac :)

    Non mais allo quoi, c’est un sac !! Beau, désirable, c’est sûr mais c’est un SAC, rien de plus.

  17. Je partage également ta vision des choses : personnellement chaque année, j’essaye de faire un tri de la totalité de mon dressing.
    Si j’ai très peu porté un vêtement ou un sac ou qu’au quotidien j’ai identifié un problème, cette pièce disparait de mes placards.
    J’en profite pour organiser un vide-grenier, donner à des associations ou me rendre dans un vide-dressing selon le prix d’achat ou mon degré d’attachement vis à vis de ce vêtement.

    Et quand je fais des achats, je me pose toujours une question : Pourrais-je sortir du magasin tout de suite habillée de cette façon ?
    Si la réponse est non ou que j’ai le moindre doute, je passe mon chemin.
    J’espère tout de même que ton blog va continuer car je pense que ta démarche n’est pas incompatible avec ce concept de partage.

    Bon WE :-)

  18. Bonjour, billet qui donne à réfléchir sur notre façon de consommer…Merci pour cette belle initiation à la réflexion A bientôt Mélanie

  19. Bonjour !
    tu soulèves, dans ta réponse à un commentaire, un point qui me semble important : le temps que ça prend ! Ranger, trier, décider ce qui va avec quoi, projeter ce que seront ces objets…pff ! Un job à temps plein rien que pour son placard ! Et pendant tout ce temps, il y a des choses que l’on ne fait pas, ou moins…

  20. Faut voir le bon côté de la chose, c’est jamais qu’un sac. Y’en a pour qui ça arrive avec leur mari, voire leurs gosses, et là c’est des problèmes autrement plus empoisonnants… :S

  21. Bonjour Wali, je te suis en silence depuis plusieurs années. Je ne suis pourtant pas une fan absolue de mode, mais j’aime bien ta façon d’en parler.

    Depuis plusieurs mois, je suis également dans une démarche de refus de l’hyperconsommation (mon truc c’est la déco, j’ai travaillé dedans jusqu’à plus soif et j’en ressens du dégout actuellement), du coup tes post de réflexion me parlent beaucoup (idem avec Coline).

    Je dévore les blogs américains sur le minimalisme, la simplicité, et ils citent souvent la loi de Pareto : 80% du temps on n’utilise que 20% de nos objets (à appliquer avec les fringues, les meubles etc). Ca fait une bonne base pour savoir quoi éliminer.

    Dernièrement j’ai lu un article sur un blog, le billet titrait : “Declutter your fantasy shelf”, et je crois que ton article illustre bien ça : parfois on achète des objets pour l’image que l’on souhaiterait avoir.

    On pourrait parler aussi de la plaie des “au cas-où”, ces objets que l’on garde pour une hypothétique utilisation future…qui n’arrive jamais! Tu aurais pu garder ton sac “au cas où” il aille avec une future tenue, ou “au cas où” tu te mettes à ne plus aimer les sacs version croisée.
    Finalement c’est le présent qui compte.

    Ton article va me faire aller tout droit dans ma penderie, car malgré un désencombrement fait au fur et à mesure depuis plusieurs mois, je garde désespérément un perfecto camel jamais porté : il ne me va pas au niveau du teint, de la forme, et je n’aime pas la qualité du cuir….et je l’avais acheté car vu sur les blogs mode-belles photos il rendait bien (fantasy shelf + moutonning hem hem),je n’arrive pas à trouver avec quoi le mettre et finalement à quoi ça sert de le garder???

    Je lis souvent aussi qu’il faut arrêter de culpabiliser sur le coût et le gachis d’argent : l’argent est déjà dépensé , il ne reviendra pas en entier, même vendu…en revanche, c’est une bonne expérience pour mieux choisir à l’avenir ses achats, et ne plus recommencer les mêmes erreurs (pour moi par exemple, le camel s’est terminé !)

    Merci de nous faire partager tes expériences, je crois que nous sommes beaucoup à réfléchir sur notre consommation, riches ou pas, hyperconsommatrices ou pas d’ailleurs.

    Bon WE

  22. Quand je pense à la somme d’efforts dépensés pour aboutir à ta quête de l’objet parfait ! Rien ne t’arrête, tu es une vraie aventurière, Robert Langdon ne t’arrive pas à la cheville.
    Tu devrais publier tes péripéties : “Guyana Jones et le Coppola perdu”
    par exemple, ça exploserait tout !
    ;-)

  23. J’aime beaucoup ta démarche, et le fait que tu nous en parles ici, tel que tu le ressens, sans essayer de “vendre” le concept. Car même s’il s’agit d’une réflexion qui touche bon nombre d’entre nous à l’heure actuelle – jeunes/moins jeunes, riches/moins riches, stables/instables – le cheminement ne peut pas se faire de la même façon.
    J’ai toujours aimé ton blog pour les raisons suivantes :
    - déjà, tu parles enfin écris bien, c’est drôle, fin et ça évoque toujours beaucoup de choses…il y a du vécu sans pour autant dévoiler trop de ta vie privée ;
    - tu postes régulièrement, il y a une ligne conductrice, et tu aimes (je crois ^^) tes lecteurs et lectrices et les lire. Un blog est un lieu d’échange, et nous sommes tous ravis qu’il n’y ait pas ou peu de censure ;
    - tu n’es pas Parisienne. Oui désolée de dire ça, mais au final, les blogs “provinciaux” sont plus honnêtes et au final plus recherchés ;
    - tu parles de vêtements, de sacs, de chaussures en connaisseuse. Tu sais parler des matières, de la qualité, du rendu… et pas juste de la marque, du prix ou de la tendance. Et ça c’est agréable, j’ai moi-même appris (peut-être en partie grâce à ma lecture quotidienne de ton blog) à aimer et reconnaître les belles factures, sans forcément parler de luxe ;
    - tu te connais, et ton/tes styles s’en ressentent. Oui, je ne crois pas qu’il faille rentrer dans des petites cases, on a le droit et la chance, selon l’humeur et les saisons, de pouvoir piocher dans des tas de genres et que cela nous corresponde pour autant !

    Cette liste n’est pas exhaustive, mais j’ai peur de perdre le fil ou de me répéter, alors j’abrège un peu.

    Je t’avouerai qu’il y a eu une période où je me suis éloignée, je me sentais un peu perdue sur ce blog… des posts sponso qui ne me parlaient pas, des articles de plus en plus nombreux et de plus en plus luxueux pas en cohérence avec l’idée que j’avais de toi (oui l’affect joue beaucoup), des achats en mode “mouton” (et dont je savais qu’il se retrouveraient sur ton VD peu de temps après) ; et puis, tu t’en es rendue compte, et tu as rebroussé chemin et on a recommencé à te retrouver.

    L’idée du “my perfect closet” est vraiment top, et je pense qu’elle a été si ce n’est l’amorce, mais la concrétisation de ta démarche du “moins mais mieux”… Ce que je ne voudrais pas (mais cela ne tient qu’à moi bien sur) c’est que tu tombes dans l’extrême de certains blogs “coucou je vis avec 3 tshirts et 3 pantalons noir/blanc/gris” super… quelle fantaisie ! Oui on peut avoir un dressing restreint, avec de bons basiques, mais basique n’est pas incompatible avec fantaisie et je trouve que trop l’ont oublié malheureusement. A bas les uniformes !

    Tout ça pour dire, bravo, je te suis et guette chaque jour tes articles même si je sais qu’ils sont moins fréquents. Mais toujours avec du contenu. J’ai peur que cette démarche t’amène un jour à arrêter ton blog et je le regretterais, mais nous respecterons ton choix :-)

    C’est toujours un plaisir de te lire (et te voir en photos ahah !)
    Belle journée, bises.
    Crazy Clemcy

  24. Trier, renoncer, changer d’avis, revoir ses priorités, c’est sain, c’est salutaire.
    Un lien vers un de mes modestes posts qui propose une voie possible, sans aucune prétention.
    http://kiwik.over-blog.com/2014/09/oh-la-la-baby-c-est-dur-dur-d-y-renoncer-ou-comment-acheter-vraiment-moins-et-vraiment-mieux.html
    Et courage pour la suite, c’est dur-dur au début, mais à force d’entrainement, on finit par voir (plus) clair.

  25. Bravo Cécile.
    On fonce, on cherche, on ajuste…. C’est la vie. Il faut la vivre et ne jamais avoir peur de se tromper. Je pense vraiment que nous passons par plusieurs étapes et elles sont sûrement toutes importantes. Ce qui est vrai aujourd’hui ne le sera probablement plus demain. Et alors…
    Y a que les imbéciles qui ne change pas d’avis (et voilà un commentaire bien démarré qui finit comme un flamby…).
    Bise
    Isa
    PS: Mes interrogations à moi c’était ici
    http://makemycolors.com/2014/05/28/imprimes/

    http://makemycolors.com/
    Blog made in Provence

  26. hello
    moi aussi après ma grossesse, j’ai eu une grosse crise, mais qui a duré moins longtemps que la tienne : je voulais du griffé, du cher, du luxe, des bijoux, des sacs, bref, comme si je n’arrivais pas à assumer cette grossesse et ce bébé pour me sentir femme, et que des attributs extérieurs de féminité et de respectabilité allaient m’aider.
    j’étais paumée en fait.
    ça me fait penser à tes articles sur tous tes sacs et tes bagues, ces obsessions.
    et puis à un moment, j’ai arrêté de lire ton blog car j’en avais marre de vouloir tout acheter.
    dans tous les cas, tu as une grande sincérité dans tes écrits, merci de te livrer autant.

  27. et si…. et si…. regarder nos fringues, sacs, chaussures nous évitait de nous regarder nous, posait un filtre rassurant et biaisé? nous faisait devier du fond du problème? nos complexes.

    j’enfonce des portes ouvertes me diras-tu,
    c’est vrai.tu as raison. mais j’en ai fait du chemin pour arriver à cette évidence (et des ratés y’en a encore…. sinon ce ne serait pas drole!)
    combien de paires de chaussures, de jolies blouses, de beaux blazers ai-je achetés pour enfin comprendre que l’illusion de ma silhouette enfin acceptable (à mes yeux) ne tenait meme pas le temps de l’essayage? volait en éclat à peine le vetement rangé dans mon dressing?
    bref. je ne demande plus la lune à mon dressing et je lui ai redonné sa vraie place, un allié et non un remède.

    Ton SC m’a fait reflechir…. le revendre est deja reconnaitre que tu t’es fourvoyée sur quelque chose. et du coup ce SC, il t’a rendu un fier service, emmitouflé pdt des mois ds son dust bag, symbole d’anti rentabilité absolue ;-)

    nous avons tous un SC symbolique qui sommeille ds nos placards.

    bises walinette….

  28. Il m’est arrivé la même chose avec le trio récemment.
    Tellement désiré, à force de le voir sur instagram et autres, d’entendre des filles dire qu’il était parfait etc., j’en a fait une quête… (oui je sais, il n’est pas si difficile que ça à trouver, mais là où j’habite, c’est compliqué, impossible de le trouver).
    Et quand je l’ai enfin eu, je me suis rendue compte qu’il n’était pas pour moi… en 5 min. Trop petit, trop fin pour moi… Et voilà ma quête de plusieurs mois “anéantie” en 5 min. La déception, la culpabilité d’avoir dépensé autant, alors que j’aurais dû me rendre compte qu’il serait trop petit.
    Finalement, je l’ai gardé 4 mois, porté une fois (en pochette pour un mariage, mais je ne me voyais pas en faire cette utilité pour la suite !), et revendu.
    Il y a quelques années, je me serais, je pense forcée à le garder, à le porter pour prouver que ma quête n’était pas inutile : la double peine dont tu parles.
    Cette fois, je n’ai pas hésité, car comme toi, je muris je crois ! ^^

  29. J’adore les sacs Dreyfus sur toi, ils te vont très bien, surtout le
    petit bandoulière (j’ai oublié son nom ?). Sur moi, les Dreyfus, c’est un désastre ! Ce n’est pas du tout mon style … C’est même ridicule ! Nous ne nous “rencontrons” pas !
    Ce fameux sac dont tu t’es séparée ne te corresponds pas vraiment en photo, trop sophistiqué, trop “rigide” en un sens … Tu dégages quelque chose de beaucoup plus “souple” et naturel (je ne sais pas si je suis claire ?). Donc, il y a des affinités stylistiques, et surtout, des mariages de personnalités, des rencontres, car le vêtement ou l’objet doit correspondre a notre personnalité, et si ça ne fonctionne pas, il y a une “rupture”, ça coince …

    Je ne porte plus mes sacs de marques (je n’ai pas une grande collection mais Chanel & Balenciaga ) qui restent dans leurs pochons, et j’utilise des Sacs en tissu ultra-simples… A un maximum de 40 euros … Il doit bien y avoir une signification …

  30. Même souci ici avec mon boy de chanel.
    Je culpabilise après me l’être enfin offert. J’ai l’impression qu’il n’est pas raccord avec ma vie.
    J’ai Peur de l’abîmer, de me le faire voler etc… Donc je le porte peu et le rapport prix/utilisation me fait encore plus culpabiliser.
    D’un autre côté c’est un intemporel et son style, sa forme ne me lassera jamais, donc à moins de trouver un palliatif raisonnable, je pense le garder malgré tout.
    Contradiction quand tu nous tiens…

  31. Inutile de te dire à quel point ton billet m’interpelle… Et ses commentaires aussi, ceux de Sell-Ine ou de Rosemary notamment.
    Et relire que tu dates le “dérèglement” de ta consommation vestimentaire des suites de ta grossesse me met particulièrement en alerte en ce moment. Je me souviens que tu l’avais déjà évoqué dans tes billets sur ton rapport aux fringues, mais j’avais les chakras moins ouverts sur le sujet à l’époque ;)
    Il n’y a rien de plus difficile que le choix d’un sac, et surtout d’un sac de grande valeur. D’un côté, c’est toujours un bon investissement quand ça matche, parce que c’est un accessoire bien plus utile que futile, et qu’un sac aux finitions parfaites qui t’accompagne longtemps, c’est un vrai bonheur.
    De l’autre, les élus sont rares, parce que soumis à une multiplicité de critères, pas toujours conscients. Et un sac qu’on n’arrive pas à apprivoiser, ce n’est pas comme une robe ou des chaussures dans lesquelles on se sent moins à l’aise mais qu’on met quand même : ça ne pardonne pas. Au sens où le côté fonctionnel primera toujours, il “faut” que ce soit fluide et instinctif entre une propriétaire et son sac, sinon elle ne le portera pas.
    Alors bravo pour ton deuil du Coppola, c’est un grand pas. Il n’y a pas de sac absolu qui convienne à tout le monde au prétexte qu’il a des lignes pures, un style intemporel et une contenance optimisée. C’est comme le choix d’une crème pour le visage ou d’un parfum, chacune la sienne ou le sien ;)
    Et merci pour la découverte du blog Into Mind qui a l’air passionnant, je vais aller me plonger dedans !

    • J’aime toujours lire tes analyses (toujours très justes), mais rassure toi, ce n’est pas tant la grossesse qu’une conjonction de plusieurs facteurs qui m’ont fait “basculer” : l’après grossesse avec les kgs en trop et une image déformée couplée à un post partum amplifié par le retour d’expat et la solitude = gros manque de confiance en soi et l’impression que les nouveaux achats allaient corriger tout ca… ET puis la spirale du blog. Tout ca me semble suffisamment loin de toi pour que tu traverses ta grossesse et l’après avec grace ;-)

  32. Moi pour me déculpabiliser je me dis que c’est pas plus dramatique qu’un collectionneur de cannette de coca ou de voitures ou tout autre objet que l’on aime accumuler. Cet article me renvoie à ma lubie du maquillage des fringues et des chaussures. Mais à chaque achat impossible de ne pas culpabiliser. Je pense toujours à un jours plus tard si je suis en galère et que je sois dans le besoin…

  33. Ce post me parle énormément comme beaucoup de tes posts d’ailleurs ! J’ai vécu la même chose avec un sac Zadig et Voltaire, même s’il n’était qu’à trois chiffres son prix était considérable eu égard à mon budget fringues. Je l’ai désiré, attendu. Et quand je l’ai eu, j’ai vite pris conscience qu’il ne me convenait pas. J’ai acheté ce qu’il véhiculait : une marque rock et classe. Mais sur moi, c’était un objet mort. Peut être aussi la culpabilité d’avoir mis autant d’argent sur ce sac. Je l’ai revendu aussi, en perdant beaucoup, mais en le vendant, je me suis rachetée ma liberté et peut être cela m’a servi de leçon !
    Merci pour tes posts.

Répondre à Crazy Clemcy Cancel reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>