Faut-il lire Fifty Shades of Grey, de EL James ?

Alors autant être prévenues de suite, ce bouquin, enfin cette trilogie plutôt, s’apprête à déferler sur l’Europe et sur la France dès la rentrée et sa traduction en français. Ailleurs ? On parle déjà best seller, adaptation au ciné et millions de dollars…

Mais de quoi s’agit-il ?

Et bien au départ d’une “fan fiction”, comprendre une nana – qui m’est avis devait être un poil désoeuvrée – complètement sous le charme de Twilight et ses personnages et qui s’amuse sur un blog à nous faire une resucée de l’histoire : une nana vierge et complètement gauche, sous l’emprise d’un mâle beau, extrêmement riche et dangereux.
Ca se passe toujours au nord-ouest des Etats-Unis, avec un trip du côté de la Georgia, Bella pardon Anastasia ne connait rien à la vie, finit ses études, se prend toujours les pieds dans le tapis et tombe sous le charme du ténébreux Christian Grey. S’en suivent émois et ébats divers, succès de bouche à oreille et publication. Mais pour vous la faire courte (ou pas, pardon, humour graveleux) : l’intérêt premier du livre est qu’il s’agit d’une nouvelle érotique, baptisé pour l’occasion “mum porn”, ou porno de mère de famille.

Alors, on le lit ou pas ??

OUI :

- Parce que c’est malgré tout LE phénomène littéraire actuel, et on est curieuse…

- C’est l’été, le sable chaud, une nouvelle érotique, why not , je ne suis pas contre (notez d’ailleurs, que pour plus de discrétion, apparemment la trilogie fait exploser les ventes de la bibliothèque Kindle…)

- Quand je dis érotique, on va même légèrement plus loin puisqu’on touche au SM, voire qu’on peut espérer comprendre ce qui pousse à ce penchant.

- Alors que je viens de finir le premier tome, tout en me jurant que franchement ce n’était pas bon, il me prend l’envie de lire le 2ème…

NON :

- Autant vous le dire tout de suite, c’est écrit avec les pieds. Même si l’anglais n’est pas ma langue maternelle, franchement, certains passages et tics récurrents m’ont exaspérée. Outre le vocabulaire limité, Anastasia rougit toutes les 3 lignes et se mord la lèvre toutes les 2 pages… Quand on apprend que le livre est sorti en auto-édition et que l’auteur par la suite a refusé une correction, et bien on comprend mieux… Les répétitions, les redites (nan mais à croire que les protagonistes que connaissent que 3 répliques)… Quant à la “inner goddess” d’Anastasia, c’est au pire incompréhensible, au mieux horripilant si on connait un peu le phénomène. Avant de se mettre au mum porn, m’est avis que l’auteur a lu trop de bouquins de développement personnel…

- L’intrigue ne vaut guère mieux… On tombe vite dans les clichés, le caractère des personnages n’est pas fouillé, pas terrible, terrible.

- Apparemment, mais là je me base sur la rumeur voyez-vous, je manque d’expertise dans le domaine. L’introduction au monde SM et ses pratiques semble décevante. Je laisse le soin aux experts de se faire leur idée.

Alors pourquoi le succès ?

Je ne vais pas vous dire que je ne comprends pas, au contraire. Cela répond à une demande actuelle, la possibilité de s’encanailler de manière politiquement correcte : tout le monde l’a lu et apparemment un manque de choix dans ce type de littérature. Les Arlequin ont vécu, il faut désormais aller un peu plus loin.

Reste à voir comment va se comporter la traduction en français, si elle peut nous faire le plaisir de corriger quelques uns des travers initiaux pour espérer rencontrer ici le même engouement.