Là où on parle francais

Voici donc l’avant-dernier volet de mes chroniques louisianaises. Il est temps me direz vous car il va y avoir sous peu des chroniques new-yorkaises qui vont se bousculer au portillon.


Le Bayou Teche à Breaux Bridge

On croit – à tord – qu’en Louisiane on y parle francais. C’était certainement vrai avant la guerre de sécession. De nos jours si vous entendez parler francais à la Nouvelle-Orléans, c’est qu’il s’agit très certainement de concitoyens, touristes comme vous.
Non, pour entendre parler francais, il faut se rendre quelque part au sud-ouest de NOLA, sur un arc de cercle qui s’étend de Lafayette à Houma. Là, oui, on est en pays Cajun et on peut y parler francais.
Un francais un peu chantant, qui roule les « r » comme le fait encore mon grand-père bourguignon, le tout mâtiné de ce qui nous semble à nous francais un petit accent québequois.

Les Cajuns – ou acadians – viennent en fait pour la plupart de New Scotia au Canada, chassés par les anglais au 19ème siècle. Mais être cajun est plus un état d’esprit et le terme recouvre aujourd’hui plusieurs ethnies, le point commun étant la langue francaise. Langue que – il faut bien l’admettre – nous n’avons entendu que dans la bouche de papis-mamis.
Ce qui s’est révèlé d’ailleurs très divertissant, que ce soit à la « salle de danse » de Randol’s où nous nous sommes essayés aux danses locales (ouarff bon, ca ressemble à une valse quoi), que dans les magasins ou chez Tabasco. Dès que nous étions identifiés comme francais (assez rapidement autrement dit), les cajuns venaient spontanément nous parler !
Ce qui nous a valu de bien jolies rencontres.

Le principe de la Treatouillette

Admirez je vous prie ce superbe néologisme franco-américain, dont le principe a été admirablement illustré par le billet d’hier.

Treatouillette donc (prononcer « tritouillette »), du vocabulaire walinetto-Zhom (voire Microbien car je subodore qu’il a parfaitement intégré le concept…), tiré du verbe : To Treat Oneself et du « ouillette » qui ne veux rien dire mais qui sonne bien de chez nous.
Pour les réfractaires à Shakespeare, « treater son self » ca veut dire se permettre un petit plaisir, se faire du bien, prendre soin de soi, ou du moins c’est comme ca que je l’entends.

Vala.

Se faire une gauffre aussi comme on dit dans l’est.
Donc Zhom et moi-même nous nous faisons péter une (grosse) treatouillette ce week end.
Et comme je suis toute chose à cette idée et ai beaucoup de mal à me concentrer sur un autre support que mon mini guide en espagnol et le site TimeOut sur New York, ben c’est la méga-dèche de billet. D’où la lecon neo-lexicale. CQFD.

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Sinon, je vous propose également un petit ajout à ma petite classification de la Bougnette suite à quelques remarques de mes fidèles lecteurs :

La Bougnette-Marvel (ou Bougnette Fantastique c’est comme on préfère) : qui se joue de nous et de nos nerfs selon l’angle et l’éclairage sous lesquels on l’observe : un coup on la voit, un coup on la voit pas…

La Bougnette-pégueuse : celle qui se voit pas mais qui colle… (merci Princess et Bôôh pour l’extension de mon champ sémantique)

La Bougnette-TouchDown, comme au rugby. Celle, au choix :
qu’on écrase sous soi en ce penchant
ou typique de la manche qui trempe dans l’assiette quand on passe un plat ou se sert un verre.

Je crois bien qu’on est bon là non ?

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et comme j’ai rien pour illustrer, allez hop, un coup de Microbe, toujours admirablement posé en merde….

PS : je sais je suis à la limite du portenawak de billet…. c’est l’endomorphine ca…
PPS : et j’allais le faire en anglais le premier PS : « i’m on the verge to… », sachez que pendant longtemps j’ai soutenu mordicus qu’on pouvait le traduire tel quel en francais : « je suis sur la verge de… » forcément ca ne le fait pas, heureusement que (ayant tout de meme un doute) je me suis toujours abstenue de le sortir en public…

A moi New York !!

Et bien oui, vous avez bien lu… A peine revenue de Louisiane, je me prépare à me faire retamponner le passeport. A ma décharge je me dois de vous dire que c’était tout-à-fait imprévu, mais dans la vie il faut mieux attraper les opportunités quand on en a.

Donc voilà, Le Microbe va refaire un petit tour impromptu chez les catsitters italiens où il aura pour compagnon un petit chaton de 2 mois (que voulez-vous, après 15 jours en compagnie du Microbe, nos collègues ont été convertis….) de samedi prochain jusqu’à mercredi soir.
Car figurez-vous que le Zhom a un meeting pro mardi à Buffalo, et que pour aller à Buffalo il faut passer par New York, donc pourquoi ne pas se faire un petit week end prolongé dans le coin ?
Surtout que :

– la seule fois où on a été à NY, c’était l’an dernier en novembre. Et on n’avait eu que 3j/2nuits.
– c’était trop tôt pour voir le sapin géant du Rockefeller center allumé
– que là ca tombe pendant les Sample Sales (ou comment faire la nique aux parisiennes qui nous narguent avec les ventes presses. Au programme : Lauren Merkin et ses pochettes (où j’aurais le plaisir de croiser Anne, de Mes Vitrines NYC), Hayden-Harnett et pourquoi pas Catherine Malandrino)
– que j’avais hésité à me prendre une méga-écharpe en laine chez Abercrombie et que je regrette de l’avoir laissée
– que le mardi où Zhom sera en réunion, j’aurais toute la journée de libre pour faire du shopping
– qu’on n’a plus rien à lire en anglais
– qu’on a des cadeaux de Noel à faire
– que j’ai envie de voir le Musée d’histoire naturelle et les squelettes de dinosaures (oui, bon… ils rediffusent Friends en ce moment..)

Suffisamment de bons arguments pour que je pose 3 jours de congés vous ne trouvez pas ?

Allez, qu’est-ce que j’ai oublié ?

PS : oui, les spectacles à Broadway.. mais figurez-vous qu’ils sont quasi tous annulés pour cause de grèves….
PPS : au fait, je viens de recevoir mon sac Anna Corinna !!!! je reconfirme le sérieux de LunaBoston. Bon le problème c’est que je ne peux y toucher avant Noël :-(

De la classification de la Bougnette

Parce que la Bougnette * est un sujet de la plus haute importance que je ne pouvais plus faire semblant d’ignorer.

Pour les retardataires : je vous conseille de lire ce billet-ci, voire d’attendre le commentaire que ce billet ne manquera pas de susciter chez notre ami Mr Bôoh, grand fan et observateur de la Bougnette devant l’Eternel.

 

La Bougnette donc, ou devrais-je dire LES bougnettes.
Parce que voilà, la Bougnette revêt telle le Joker de nombreux faciès et formes diverses qui nous rendent la lutte plus difficile.
Afin de nous faciliter la tâche (et non justement la tache), voici donc ma petite classification toute personnelle de cet ennemi tant redouté :

 

– La Bougnette Visqueuse : le cas typique du hot-dog -sandwich comprenant au choix du ketchup ou de la moutarde (ou les deux) et ouvert aux deux extrémités. Ce qui fait que quand tu croques dans une (d’extrémité), le condiment se fait lâchement la malle par l’autre, laissant au passage une trainée toute à fait gracieuse sur ton t-shirt (ca marche aussi avec la glace au chocolat, quand tu arrives à la fin du cornet, ou avec une gauffre, cf l’excellent dessin de MiniSushi d’hier)

– La Bougnette Splotch : qui n’est pas une bougnette directe, mais une bougnette par répercution. C’est le morceau de viande qui glisse de la fourchette pour retomber dans la sauce, ou le spaghetti dans la bolognaise (on n’a jamais rien vu de plus traître pour la bougnette que la bolo..)

– La Grosse Bougnette : celle que tu ne camoufles pas avec un pin’s. Cette bougnette est supérieure à la Bougnette Splotch en ceci que le morceau ne retombe pas dans l’assiette, mais DIRECTEMENT sur tes genoux. Et c’est à ce moment là que tu réalises bien évidemment que ta serviette a glissé sous ta chaise…

–  La Bougnette Pyrotechnique : attention, celle-ci, c’est pour les grands jours, c’est celle qui implique un liquide, généralement rouge et dans un verre. Aidé par les effets du dit liquide, la verre va immancablement voler à un moment du repas – propulsé par un convive ayant eu le geste un peu trop large et imprécis – et envoyer son contenu sur la chemise du voisin, contenu qui laissera une forme assez stellaire.

– La Bougnette Aéronautique : GRAND classique, qui veut que les turbulences arrivent conjointement avec le plateau repas. Manger sans ce bougnetter avec son verre de vin ou la sauce du bourguignon devient alors un exercice de haute-voltige (ne pas se croire à l’abris sous sa micro-serviette en papier, utiliser la couverture AirFrance pour parer la bougnette est plus efficace)

– La Bougnette à retardement : celle qu’on ne remarque pas. Arrive la fin du repas où on constate avec satisfaction l’absence de bougnette, jusqu’à ce qu’on se lève et que notre voisin pointe sans discrétion notre sein gauche. S’en suit un passage toilette-serviette-frottage qui a pour effet de diluer le phénomène en un halo extrèmement esthétique.

– La Bougnette Farceuse : qui fait croire qu’elle en est une (de bougnette), alors qu’il s’agit simplement d’une goutte d’eau ou d’un liquide qui ne tache pas (à l’inverse, une bougnette qu’on croyait inoffensive peut se révéler absolument redoutable, j’en veux pour preuve une trace de pomme ( ?!) qui a nécessité 5 lavages avant de disparaître)

– La Bougnette Mystérieuse : celle qui frappe sans distinction et par derrière, vu qu’il est absolument impossible d’en déterminer sa provenance. Celle qui prend la teinte d’une bougnette de sauce tomate, alors qu’on a mangé salade et foie de veau. Les chemisiers blancs auraient-ils cette capacité de s’auto-bougnetter ?? faut en parler à Mulder…

 

J’en ai oubliées ?? vous en voyez d’autres ? Je complèterai cette classification avec plaisir (on va pas en faire une encyclopédie, mais il me plait de jeter quelques lumières sur cet épineux sujet).

 

* Bougnette : mot issu du patois provencal et qui désigne habituellement la tache sournoise située au niveau du nombril qu’on se fait en mangeant…

 

PS : je dois avouer que depuis mon précédent billet, je me suis par je ne sais quel moyen démaraboutée. La malédiction de la tache s’étant reportée de manière toute naturelle sur le Zhom qui me fait un festival depuis quelques semaines

 

PPS : pour un autre billet du jour, RV chez Caroline Daily qui m’a fait l’honneur de me laisser les clefs de son blog la journée d’hier

Une petite robe noire

Parlons classiques, voulez-vous ? de cette petite chose qui vaut à chaque fille normalement constituée une quête perpétuelle, j’ai nommé : la petite robe noire.
Parce qu’il y a quelques semaines je pensais avoir trouvé la perle, celle qui me permettrait un répis de 2 ou 3 années. Une petite robe noire à la coupe toute Vanessa Brunoienne, dénichée un jour de hasard par Caroline dans un Zara parisien, Caroline qui en sa qualité de glam-guru s’est empressée de faire profiter le blogosphère de ce bon plan impromptu. Coup de bol, les robes Zara se reproduisent jusqu’à Mexico. J’ai donc sans vergogne aucune imité notre maître à acheter.
Seulement voilà. Le jour de l’essai Live, le Zhom me fait remarquer avec toute la délicatesse qui le caractérise que ca fait bonne soeur. Et force m’est de contaster que sur moi cette robe mériterait bien de se faire raccourcir de 10 bons cm.
Retour à la case départ donc.

Et c’est de manière toute a fait inopinée que j’ai découvert le St Graal de la petite robe noire, lors de mon périple louisianais (et oui, ca y est, je vous dévoile le dernier de mes paquets), remisée tout au fond du magasin. Parmis les restes des sales d’été. Seule sur son rack, et croyez-le où non : pile à ma taille. Un 4 (36 donc) ET je dirais même plus un : 4P, P pour Petite. Parce que voyez-vous chez Banana Republic, ils font des tailles classiques donc, ET ils les déclinent en trois hauteurs : normal, grande ET PETITE, prenant par là meme le contre-pied absolu de la mode des tailles uniques qui sont censées aller à tout le monde et qui par conséquent ne vont à personne. Et là je vous dis : que du bonheur, un coup du destin, on dirait qu’elle a été faite pour moi sur mesure. Non vraiment.

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Tabasco Pepper Sauce….

Figurez-vous que Tabasco est un état mexicain (très gravement touché par les inondations du mois dernier d’ailleurs), et que – bêtement – cette sauce au piment, ben je croyais qu’elle l’était aussi (mexicaine).
Ben non.
Elle est étatsunienne, et louisianaise même. Du coup, on a été visiter l’usine. Parce que le piment on aime bien.
Et bien – mis à part le discours type téléachat avec caressage du produit devant la caméra et répétage de « Mc Ilhenny tabasco pepper sauce » toutes les 3 phrases – c’était ‘achement intéressant (pis on aime bien les usines, le reste du côté ingénieur en méca flu j’imagine).
Déjà, cette sauce, elle est HYPER naturelle (j’aurais pas parié, mais si), juste du piment écrasé, macéré pendant 3 ans en fût de chêne, du vinaigre, du sel… et pis c’est tout !
Ensuite le ramassage des piments se fait à la main (enfin du moins sur ce site là)
Enfin, l’île sur laquelle se trouve la fabrique est en fait une sorte de sanctuaire d’oiseaux, et a cette particularité géologique de devoir son insularité à un dôme de sel qui a poussé là (l’ile est en fait au milieu des marécages).

De plus, comme toute visite on a droit à une dégustation avec les différentes variantes de la sauce (piment vert, habanero qui arrache, chipotle au goût fumé..) et déclinaisons variées (glace et soda… hum..)

Visite qui finit forcément au gift shop…. duquel je finis par immancablement acheter des merdouilles (même si comme je vous l’ai dit, j’essaie de me soigner)

Non franchement, elles ne sont pas magnifiques mes cups et mes spoons logotées ? si je ne réussis pas mes recettes américaines avec ca…

Vous êtes adeptes du Tabasco ? ailleurs que dans le jus de tomate j’entends ? Parce que nous là … on a tendance à en mettre partout (tip top dans les omelettes d’ailleurs en passant).

C’est nouveau ca….

Il nous les fera toutes… ce Microbe…

Parce que l’animal a déjà rien que pour lui tout seul : un panier, une petite maison, un plaid en polaire, 4 coussins et 2 canapés.

Mais non, ca ne lui suffit pas ! et ca fait quelques jours qu’il a décidé de faire sa sieste là :

Yep.
Dans l’évier. Vaisselle ou pas vaisselle d’ailleurs.

A part ca journée de *bip* hier. Pas d’internet au boulot avant 16h et 2ème pneu crevé en 2 mois. J’adore aller au « garage » (ou boui-boui à pneu) on ne sait jamais ce qu’il va en ressortir.  La première fois c’était une tige en fer de 20 cm de long, là tout simplement 2 morceaux de lame de cutter…. vive les routes mexicaines (vous saviez qu’on mettait aussi des rustines sur les pneus de voiture ? moi non…)

Attention aux pashminas chinoises

Le froid aidant, il nous prend fatalement des envies de douceur, de moelleux, de chaud. En résumé : une envie de cachemire.
Et là il faut que je vous mette en garde contre un fléau, que limite je fais du service public. Car la France (et nombre de pays occidentaux) font face depuis plusieurs années à une invasion d’étoles-pashminas chinoises estampillées au choix 100% pashmina, 100% cachemire ou encore 30% soie et 70% cachemire… Et qui sont autant en cachemire que moi en peau de phoque.

Comprenons-nous bien. Elles sont bien ces pashminas. Je dois bien en avoir acheté pas loin d’une centaine lors de mes virées dans les marchés de Shanghai et en ai ramené pour toute la famille, les amis, etc…
Mais le tout c’est de payer en connaissance de cause. C’est joli, ca tient chaud :OK, mais c’est du synthétique !
Donc si vous voulez, le prix moyen du bidule à l’unité (après âpre négociation tout de même, ne pas oublier que les chinois sont d’habiles commercants) en Chine, est de 12 RMB (jamais réussi à avoir moins.. pas faute d’essayer, en même temps j’ai déjà vu des touristes les acheter pour 100 donc, bon) : soit 1 euro.

Mais là où je m’insurge, c’est quand je vois les mêmes sur ebay (prix moyen constaté : 15 euros), ou pire dans des centres commerciaux en France (oui, oui, j’en suis la preuve : pashmina rigoureusement identique, vendue COMME ETANT 100% CACHEMIRE, 25 euros piece). Où là, l’achat se faisant chez un commercant francais qui affirme haut et fort la véracité de la composition soie-cachemire, on se sent plus en sécurité et on se fait avoir.

Le vendeur du centre commercial de Dijon qui en avait une pile, et bien on avait discuté. Parce que quand je lui affirmais que son bidule n’était certainement pas en cachemire, il ne voulait pas me croire. Sauf qu’au moment où j’ai dégainé la mienne – de pashmina – il a fallu qu’il se rendre à l’évidence : c’était la même. Il m’a raconté qu’il les achetait en gros 10 euros pièce avant de les revendre 25. Mais cela ne l’a pas empêché de conserver sa pancarte « 30% soie – 70% cachemire »…. et moi j’avais moyen envie de faire le pied de grue pour dénoncer le truc aux futurs clients.
Et le pire c’est que c’est un fléau mondial ce truc. J’ai vu les mêmes à Singapour. Et aux états-unis, où l’étiquette mentionnait carrément « hand made in Tadjikistan » (ou Ouzbekistan, sais plus.. un truc  en « stan »).

Pour finir je vous mets quelques photos pour que vous puissiez les reconnaitre et vous laisse avec quelques recommandations.

– Ne jamais prendre pour argent comptant l’étiquette de composition
– SURTOUT si ca vient de Chine
– Ne pas croire qu’on est à l’abri de contrefacon quand on achète en France, même dans une boutique en vue
– pour être sur de ne pas acheter du synthétique : prendre un fil et le cramer : si ca sent le cochon grillé c’est bon (quoi qu’il peut y avoir des mélanges de fibres), si ca se raccorni c’est pas bon
– Savoir les prix pour ne pas se faire avoir. Je ne vous dis pas de ne pas acheter ces pashminas, mais de les acheter en connaissance de cause et moins de 10 euros.

Vous les avez déjà croisé ? les envahisseurs ?